Yangon, coup de foudre pour les Birmans

A la base, la Birmanie n’était pas prévu au programme, mais comme absolument rien n’est figé dans notre tour du monde nous avons décidé de changer une nouvelle fois notre itinéraire. Le plaisir de la liberté de mouvement !

Avant de partir, nous avions très envie de visiter ce pays qui nous paraissait encore préservé du tourisme, mais nous avions peur de le faire avec Jules. Un pays chaud, sec, aride où l’hygiène n’est clairement pas une priorité. Un pays encore sous le joug de la junte. Du coup nous l’avions enlevé de notre liste, un peu à contre-coeur.

Au gré de nos nombreuses rencontres durant notre périple, plusieurs personnes qui avaient « fait » la Birmanie étaient revenues conquises par ce pays « à part ». Et quand je dis « fait » c’est parce que ce n’est pas un pays qui se « visite » comme les autres, il se mérite, s’explore, s’apprivoise pour se graver à jamais dans nos mémoires. C’est une terre magnifique peuplée de gens extraordinaires, mais encore peu développé et pas toujours facile d’accès.

Normalement, après le Vietnam nous devions aller au Laos, mais avec l’e-visa, une seule frontière accessible dans le nord et nous avons découvert quelques jours avant de partir du Vietnam que ce passage de frontière nous promettait plus de 28 heures de bus, sur la terrible route de « l’enfer » (un surnom semble-t-il non usurpé). Alors nous avons décidé d’aller jeter un coup d’oeil sur Vietjetair, la compagnie lowcost Vietnamienne et avons trouvé des vols pour la Birmanie à tout petits prix. (moins de 150 $ pour nous trois). Changement de plans donc ! Direction Rangoon ou plutôt Yangon ainsi renommée par le gouvernement.

Nous arrivons en fin de journée dans cette immense capitale qui grouille de partout avec une chaleur suffocante, mais CHALEUR !!! Elle nous avait manqué !

Pour rester dans notre budget, nous avons trouvé une guesthouse dans le centre. C’est un grand appartement situé au troisième étage d’un immeuble, divisé en plusieurs chambres pour loger un max de clients. Notre placardchambre est toute toute petite, le plafond est très très bas, il y fait sombre car sans fenêtre et la lumière peu vigoureuse. Deux matelas au sol font office de lits. La salle de bain est commune (puisque en plus des autres hôtes, nous la partageons également avec nos nouveaux copains : les cafards), avec sa fameuse douchette installée au dessus des toilettes, très courante en Asie, mais quand même peu pratique à l’usage ! (tu te contorsionnes un peu pour te laver et tes toilettes sont toujours mouillés). De plus il y a un problème de remontées de canalisations qui offrent des relents d’égouts pas très agréables. Notre cube chambre propose tout de même la clim, qui ronfle plus fort que notre voisin (qui souffrait « audiblement » aussi de la nourriture exotique) et ne parvient malheureusement pas à atténuer l’odeur fraîche de térébenthine entêtante. Car oui, la peinture des encadrements de portes étaient impeccables ! C’est posé alors un affreux dilemme : Ouvrir la porte pour aérer et doubler la surface de notre clapierchambre, mais nous l’avons appris dans la douleur et la démangeaison, au risque de laisser entrer une armada de moustiques très voraces (qui eux n’ont pas été gêné par l’odeur). Nous poursuivrons donc porte close, merci !

Donc entrée en matière assez spartiate mais revigorante, qui n’entame absolument pas notre enthousiasme pour ce nouveau pays.

Nous partons ensuite découvrir les environs avant de trouver un petit restaurant de quartier, remplit de locaux. Pas très habitués à avoir la visite de touristes, compte tenu de leurs regards curieux et amusés. Cool !!! On ne comprend pas bien la carte, les photos ne sont pas d’une grande aide, alors on se lance sur quelques plats. Nous goûtons à cette nouvelle cuisine, bien plus grasse que les autres en Asie, mais aussi plus savoureuse à notre palais. Chanceux, puisque nous avons aimés tous les mets servis.

Le lendemain, en discutant avec un couple de français qui séjournait dans la même guesthouse, à la fin de leur périple Birman, nous apprenons qu’un des incontournables à Rangoon c’est le train circulaire qui entoure la ville (c’est un peu leur RER, en bois et sans fenêtre). Le voyage complet dure trois heures et permet de partager le quotidien des birmans tout en découvrant les alentours.

Comme nous n’avons pas de guide de voyage et rien de planifié pour notre première journée, nous partons prendre ce fameux train.

Quelle magnifique première immersion Birmane ! Que d’émotions pendant ces trois heures. On avait entendu parler de la gentillesse et de la générosité de ce peuple, mais l’expérimenter fut une des plus touchantes expériences de notre voyage. Les gens sont entiers et désintéressés. Pour certains c’était un regard furtif dans notre direction, cependant toujours accompagnés d’un large sourire, quand d’autres plus hardies sont venus à notre rencontre pour partager un moment avant de descendre poursuivre leur journée.

Voyager avec un enfant en Asie nous offre de nombreux échanges avec les locaux. Jules est un aimant à papouilles et câlins. Les usagers le prennent en photo, lui caressent ses boucles blondes, l’assoient sur leurs genoux…Après des bonbons et des bisous, il se fait offrir un épi de maïs par deux charmantes dames.

La bienveillance dans le regard
Des gestes tendres et un Jules en confiance

Puis c’est au tour d’un contrôleur, un vrai de coup de cœur entre ce bonhomme et Jules.

Son sourire, ses yeux malicieux et sa tendresse ont su mettre Jules en confiance tout de suite.

Il lui offrira à boire et à manger, puis à nous aussi. Jules passera plus de la moitié du voyage avec lui sur ses genoux. Le monsieur lui donnera à manger, puis Jules lui donnera à son tour à manger.

Des scènes de vie juste magnifiques et très émouvantes.

Quel bonheur de voir son enfant ainsi, quelle joie de voir des gens d’une telle bonté et générosité.

Trois heures plus tard, nous avons un vrai coup de foudre pour ce peuple.

Nous avons la banane jusqu’aux oreilles et ce sourire restera accroché pour longtemps.

Nous sommes restés 4 nuits et 5 jours à Rangoon, nous avons changé de guesthouse car celle où nous étions était complète les jours suivants (mince !). Nous avons déménagé pour une autre chambrette, toujours sans fenêtre et toujours avec salle de bain commune, mais un tout petit peu plus grande, un peu plus propre et sans odeur ! Le luxe !

Le jour suivant, nous avons décidé d’aller visiter la célèbre Swedagon Pagoda, la pagode la plus réputée du pays. Mais avant nous faisons un petit stop bucolique dans l’immense Parc Kadawgyi. Le genre d’endroit super apaisante dans une capitale comme Yangon.

Plusieurs voyageurs nous ont conseillé de la visiter en fin de journée afin de l’admirer de jour et de nuit. Deux ambiances différentes pour un lieu sublime.

  

Cette immense pagode joliment vêtue d’or est impressionnante. Et même si après 2 mois d’Asie nous avons déjà vu pas mal de temples et pagodes, celle-ci est tout simplement incroyable. Elle aura déclenché son lot de Wahouuuuuuus pour nous trois !

Jules est comme un dingue en découvrant cette immense surface de jeu, où il peut courir (pieds nus pour tous).

Il devient carrément l’attraction du lieu, aux oubliettes la Pagoda, les locaux et touristes asiatiques, le prennent en photo, prennent la pause avec lui, le prennent dans les bras, lui offre des feuilles d’or.

Le tout avec douceur et bienveillance, sans forcer, du coup Jules se révèle et s’épanouit au côté des birmans, cela fait plaisir à voir.

La nuit tombe et l’impressionnante Swedagon Pagoda devient magique, puis mystique et spirituelle.

Bien plus qu’un lieu touristique c’est avant tout un lieu de culte, de prières pour les locaux. La pagode et ses temples sont sacrés. Nous sommes fascinés par cette dévotion.

Nous décidons de nous asseoir tous les trois pour admirer cela et s’imprégner de cette ambiance envoûtante et sereine. C’est un immense chargeur de batterie, on repart de cet endroit plein d’énergie, requinqué et apaisé.

Nous sommes restés plus de 2 heures ici à nous balader et contempler les buddhas, pas très envie de quitter ce lieu emprunt de calme et de spiritualité où l’on se sent comme protégés par de belles énergies.

    

Les jours d’après nous sommes allés nous balader dans le magnifique et coloré quartier colonial, un petit tour aux jeux pour Jules et puis comme la chaleur est carrément étourdissante, nous allons nous réfugier dans un énorme centre commercial l’après-midi.

Faire des courses, des dizaines de tours d’escalators, quelques nouveaux jouets pour Jules, une pause déjeuner où nous découvrons un de mes plats préférés (Laeti) la « Tea Leaf Salad » à base de feuille de thé et de graines croquantes, le tout un peu épicé et très parfumé.

Nous n’aimons pas beaucoup les gigantesques temples de la consommation tels que celui-ci, mais il faut bien avouer qu’on a apprécié profiter de la climatisation quand il fait 40 °C dehors. Cette incartade nous a également permis de découvrir un autre peuple, plus aisé, plus jeunesse dorée. C’est ça aussi les grandes métropoles, le melting pot de tous les horizons.

Le contraste saisissant et parfois un peu dérangeant entre les inégalités profondes. La misère et la saleté des rues face au luxe propret des hauts buildings. Contraste que l’on retrouve dans de nombreuses capitales d’Asie. Il est temps pour nous de poursuivre notre route remplis de curiosité et avec une énorme envie d’en découvrir plus sur ce pays fascinant.

Pour rejoindre Bagan, notre prochaine étape, nous décidons de prendre le bus de nuit.

Après 2 heures de taxi pour se rendre à la gare routière et une taxe forfaitaire de passage (qu’il n’est pas question de refuser au vue des interlocuteurs peu enclin à la discussion) nous montons dans notre bus. Même si nous sommes bien loin du grand confort vietnamien, nous sommes heureux de découvrir ce nouveau moyen de transport local. Jules comme d’habitude s’approprie rapidement les nouveaux espaces. Nous n’avons pris que 2 sièges en espérant avoir la chance (que nous avons d’habitude) que le bus ne soit pas plein. Ce fut le cas pendant 1 heure, puis Jules nous rejoint et après quelques dessins animés sur les genoux de papa, finira par s’endormir paisiblement sur maman.

Qu’il est enviable le sommeil de Jules, si paisible et profond, rien ne le perturbe ! Et comme d’habitude il dormira bien mieux que nous.

La suite dans le prochain article : Bagan

  • NOS COUPS DE COEUR :

– La Shwedagon Pagoda vers 17h et jusqu’à la nuit

– Prendre le Train Circulaire et découvrir les Birmans

  • CÔTE BUDGET :

– Notre 2ème hôtel Ocean Pearl Inn 3 : 14 $ /chambre double avec petit-déjeuner et sdb commune.

– Train circulaire : O,70 $ pour nous 3

– La Swedagon Pagoda : 7 $ par personne

– Street food : moins de 2 $ pour nous 3 personnes

– Bus VIP de nuit Yangon – Bagan : 14 $ par personne

– Taxi pour aller jusqu’à la station de bus (2h de trajet) : 6 $

  • NOS BONS PLANS :

– Restaurant Vestige café : Meilleure tea Leaf Salad – Junction City

– Plusieurs restaurants petits budgets dans le quartier autour de Seikkantha street

– Faire ses courses alimentaires dans le train circulaire : le meilleur rapport qualité/prix de Yangon

– Pour les familles : le centre Junction City pour se recharger en couches et produits pour bébé.

– Le train circulaire est un super bon plan, ça coûte rien et on vit une expérience authentique

– Le Mauvais plan  : Shannkalay hostel

 

  • LES PREMIERES DE JULES : 

– Premier train circulaire

– Premier bus de nuit Birman

– Premier coup de foudre Birman

 

LeMondeselonJules

Tour du Monde en famille avec notre fils Jules de 20 mois. Un voyage pour s'émerveiller et grandir ensemble autour du monde.

Une pensée sur “Yangon, coup de foudre pour les Birmans

  • 8 avril 2018 à 18 h 40 min
    Permalink

    Oh temps suspend ton vol …..😊

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