Battambang, douceur de vivre loin du tourisme de masse

Départ de Siem Reap en bus :

Nous prenons un bus local à destination de Battambang. C’est un moyen de transport très économique, mais long. Très long ! Trois heures annoncées, mais dans les faits nous avons roulés six heures. Retard coutumier au départ, arrêts multiples pour prendre des passagers et permettre au chauffeur de se restaurer, recherche de bagages qui se sont fait la malle (et oui j’ai osé). Un voyage folklorique avec rideaux à froufrous, films en cambodgien et dépassements hasardeux ! Mieux vaut ne pas avoir peur en voiture dans ce genre de pays, car le code de la route est une chimère ici ! Seul la loi du plus gros et plus lourd prévaut ! La voiture s’écarte pour laisser passer le camion, la moto roule sur la berne afin d’éviter la voiture et le piéton fait ce qu’il peut !

Un voyage toutefois très sympathique qui nous a une fois encore permis de vivre avec les locaux. Car oui, nous étions les seuls occidentaux dans ce bus. Dépaysement on vous dit ! Jules s’est vite fait une nouvelle copine, la pétillante Nallé, petite brunette aux perles noires. Trop mignon les deux. Jeu du chat et de la souris, puis l’amour vache avec je te veux puis non mais si en fait…je te pince je te caresse…Puis l’amour ! Les câlins complices, l’entente parfaite malgré la différence.

 

Jules nous a une nouvelle fois servi de sésame, puisque le papa de Nallé s’est rapproché de nous et nous a offert des chips et de l’eau pour le petit et des insectes pour le papa. Un bon gros sachet de sauterelles, scarabées et je ne sais quoi grillés ! MIAM. 

 

Sous les yeux de l’assemblée curieuse de voir les réactions de Guillaume face à ces mets étonnants, il ne s’est pas démonté et a croqué. Par respect bien sûr, mais aussi et surtout par curiosité. Il a adoré et son audience également. Ils étaient contents, amusés et ont salué son audace. Nous étions dès lors adoptés !

Puis nous arrivons à Battambang. Nous dormons dans un hôtel à la décoration coloniale, en bois sombre et lourd, pas cher pour le standing. Cool ! Il est central dans cette ville beaucoup moins touristique, ce qui va nous faciliter les déplacements et les emplettes puisque situé juste à deux pas d’un énorme marché typique.

Jules est content de découvrir un balcon dans son nouveau « chez lui ». C’est étonnant de voir à quel point il est facile pour lui d’adopter et de s’approprier une nouvelle demeure. Il est vraiment surprenant ce petit bout !

   

On mange ensuite dans une gargote sur les bords de la rivière, d’excellents plats kmers servi par des jeunes très polis et serviables pour une somme modique. Comme d’habitude, Jules se fait des copains.

Une ville où il fait bon vivre. Loin de l’agitation de la capitale ou de la présence ultra touristique de Siem Reap, nous avons décidé de fêter la nouvelle année ici. Nous allons tester un restaurant qui propose également des cours de cuisine, mais après le repas, nous ne le sentons pas et nous ravisons. Les groupes sont trop gros et le cuisto victime de son succès, n’a plus l’air très enthousiaste. Pour les fêtes, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Je me suis réveillée avec des douleurs et une fièvre énorme, éprouvante et paralysante, qui m’a clouée au lit pendant 2 jours. Le réveillon se déroulera donc entre nausée et diar… Heureusement, mes hommes sont restés me soutenir et pour l’occasion, se sont transformés en geeks.

              

Ils ont du coup découverts la ville entre mecs et ramenés les bons plats de notre cantine préférée dans notre chambre le soir et un bon petit-déjeuner au réveil.

Ils se sont enfoncés dans la ville, au coeur de la vie de quartier. Les regards des locaux lançaient des « Oh des occidentaux, mais qu’est-ce que vous faites ici ? Vous êtes perdus ? », c’est vrai qu’ils n’ont pas croisé  un seul blanc ! Rapidement (et surtout grâce au sourire contagieux de ptit Jules) ils se sont sentis à l’aise, bien accueillis et abondamment salués ! Des balades très enrichissantes, où ils ont vu des échoppes improbables, qui vendent de tout, d’autres qui réparent tout et ce à même le trottoir.

Ils ont pu goûter des spécialités de rue à manger sur le pouce et Jules s’est vu offrir une fleur de lotus par une commerçante sous son charme. 

Me sentant enfin un peu mieux, je décide de sortir de ma caverne pour profiter de cette dernière journée à Battambang avec mes hommes. Guillaume me montre avec enthousiasme les endroits sympas qu’il a découvert ces derniers jours.

Entre un marché très local et odorant, où l’on peut se régaler avec de succulentes gaufres et les joueurs de pétanque Cambodgiens, je découvre un peu plus de ce peuple si attachant.  

Nous partons ensuite au bord de la rivière, pour une ambiance plus détendue et plus respirable. Car oui le Cambodge et ses villes souffrent d’une forte pollution. L’air est souvent saturé de gaz d’échappements. D’ailleurs beaucoup d’habitants et de touristes sortent avec des masques chirurgicaux sur le visage. 

Pour le plus grand bonheur de Jules nous trouvons des jeux pour petits et grands sur les quais. Il s’éclate comme un fou avec les enfants du coin.

Puis Jules et moi nous laissons tenter par un parcours de réflexologie plantaire très étonnant, à la fois agréable et rude pour nos petits pieds.

Nous continuons notre balade enthousiasmante où les scènes de vie typiques ne manquent pas. Comme ce vendeur de bouddhas, très zen ! 

Malgré la chaleur de plomb, conscients qu’il s’agit de notre dernière journée ici nous décidons de traverser la rivière et explorer l’autre rive de Battambang. Et là nous tombons nez à nez avec une énorme porte Bouddha. Nous décidons d’aller y jeter un coup d’oeil.

Un temple peu touristique et surtout encore habités par des moines et des familles. Cela donne un supplément d’âme à ce lieu.

Pour notre dernier soir, nous retournons à notre cantine habituelle. Guillaume est devenu un habitué, accueilli avec chaleur et gentillesse. Le jeune gérant très amical avec lui est ravi de voir que je vais mieux.  Jules quant-à-lui retrouve avec joie ses deux copains très heureux de le revoir. Ils s’amusent et se taquinent pendant toute la soirée. Toute la famille qui tient la gargote est adorable avec nous, avenante et familière. Au point que deux touristes assis à la table d’à côté finissent par nous demander si nous habitons ici ! C’est vrai que l’on se sentait comme à la maison !

Plus que jamais, Jules nous ouvre des portes et nous aide à briser la glace. Décidément, il y a de très nombreux avantages à voyager avec bébé autour du monde.

Alors que Jules continue de jouer avec ses copains, le papa (le patron vissé à son téléphone portable) rappelle à l’ordre les deux enfants qui retournent aussitôt travailler, sans un mot. Jules ne comprend pas pourquoi ses copains ne veulent plus jouer. Comment lui expliquer qu’ici certains enfants travaillent à partir de 2 ans (son âge donc), qu’ils ne vont pas tous à l’école, ou uniquement à la demi-journée et qu’ensuite ils travaillent avec leurs parents pour les soutenir. Dur, dur d’être face à cette réalité.

Les deux garçons alternent jeux avec Jules et travail, mais le papa les surveille de près et s’assombrie en les invectivant. Nous décidons de ramener Jules près de nous car nous ne voulons pas causer de tords à ces petits gars si adorables.

Pendant notre séjour, la cuisinière nous a régalé de ses bons plats et de son magnifique sourire.

Nous étions venus à Battambang pour découvrir les alentours et sa campagne, avec mes soucis de santé, le programme a été chamboulé et nous a permis de mieux découvrir Battambang, la ville la plus authentiquement cambodgienne selon nous. La vie de la ville est centrée sur ses habitants, pas sur les touristes.

Les boutiques ou les échoppes de marché ne vendent pas de bibelots en plastiques, les prix pratiqués sont bon marché et relativement justes, oui il y a quand même un prix pour les locaux et un autre plus élevé pour nous autres, mais pas partout ! Et ça c’était nouveau.

Les cambodgiens sont très accueillants et souriants. C’est encore plus vrai ici à Battambang. Moins faussé par les effets néfastes du Tourisme Non Responsable. Les vendeurs proposent mais n’insistent pas, les chauffeurs de tuk tuk nous laissent tranquille et on échange avec des gens facilement. Un réel plaisir donc !

Street Art – Battambang
Street Art – Battambang

Nous quittons Battambang, en mini-van cette fois-ci. Un autre moyen de transport plus « luxueux » qui promet d’arriver à l’heure. Un mythe au Cambodge. Peu importe, nous prenons notre temps et apprenons à suivre leur rythme.

Prochain article : Kampot & la côte.

  • Les premières fois de Jules :

– Premières soirées en tête à tête avec papa en voyage

  • Nos coups de Coeur :

–  L’authenticité de cette ville peu touristique

–  La balade sur les quais au bord de la rivière Sangker

–  Le temple Wat Sangker

– Les repas dans les gargotes des quais

  • Côté budget : 

– Hébergement : 16,20 $ la nuit au Royal Hôtel

– Repas : 1,5 à 4 $ par personne

–  Street Food : dès 0,25 $

–  Trajets :

Bus Siem Reap – Battambang : 7 $ par personne

Mini-Van Battambang – Phnom Penh : 12 $ par personne

  • Bons plans, infos et bonnes adresses : 

Manger dans les gargotes des quais, une ambiance sympa, on mange avec les locaux, c’est super bon et à petits prix.

 

 

 

 

 

 

LeMondeselonJules

Tour du Monde en famille avec notre fils Jules de 20 mois. Un voyage pour s'émerveiller et grandir ensemble autour du monde.

3 pensées sur “Battambang, douceur de vivre loin du tourisme de masse

    • 22 janvier 2018 à 4 h 13 min
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      Merci beaucoup. Nous avons le XT20 de Fuji. J’ai troqué mon reflex pour celui-ci et je ne suis pas déçue.

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  • 20 janvier 2018 à 15 h 21 min
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    Comme j’ai pas mal de retard sur mon blog, il n’y a encore d’article sur Battambang une ville que j’ai beaucoup aimé. Je devrais m’y mettre d’ailleurs surtout pour présenter notre gros coup de coeur a été le spectacle de l’école Phare, un spectacle de cirque magnifique et dynamique.
    Par contre nous y étions en novembre et nous avons croisé pas mal d’occidentaux même s’ils étaient principalement des expats mais aussi trois groupes de personnes en tour du monde, des néozélandais en tour d’Asie du Sud-Est, etc.
    Pour les enfants, je me permets ma propre observation. En tant qu’occidentaux nous sommes des êtres « différents » qu’il ne faut pas déranger, ne pas salir, ne pas mouiller, ne pas… Ainsi des petites filles se sont faits grondées en jouant quand l’eau avec nous car elles avaient elle-même envoyé de l’eau en notre direction. Cela limite sérieusement les possibilités de jeux, y compris avec les enfants qui n’ont rien à faire. Ainsi au restaurant, des enfants assis à la table d’à côté ont été rappelé à l’ordre alors qu’ils commençaient à faire des signes à ma fille. Pas facile de véritablement créer des contacts, à moins d’utiliser quelques mots en khmer…

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