Gaspésie, l’inoubliable Parc National de Forillon

La Gaspésie, ce n’était qu’une possible option que nous avons finalement écartée avant le départ à cause des kilomètres. Apparement c’est beau, mais c’est loin, très loin même ! Puis des amis Québécois aimant la nature autant que nous, nous ont dit « quand vous aurez vu la Gaspésie vous aurez vu le plus beau du Québec ! ». Cela a suffit à nous convaincre.

Après avoir traversé le Saint Laurent, nous débarquons dans le bas Saint Laurent et faisons une halte au Parc Bic (mais nous vous en parlerons au retour quand nous repasserons à nouveau dans cette belle région).

Le Lendemain matin, vendredi, nous voilà partis pour 5 heures de route, sur la 132 qui serpente le long du Saint Laurent qui est désormais géant. Au fil des kilomètres nous nous surprenons à aimer ça : Conduire encore et encore et se laisser guider par des paysages entre terre et mer, entre azur et couleurs automnales. Plus nous avançons et plus Mère Nature nous donne ce que nous rêvions de voir depuis si longtemps « l’été indien« . Et là, autant vous dire que l’on a été comblé ! Au delà de nos espérances !

Du coup on ne voit pas pas passer les 5 heures de route et plus nous approchons le Parc de Forillon, plus nous sommes hallucinés par ces couleurs de dingues ! Jaune, orange, doré, marron, vert, rouge et même du Rose !!! Pincez-moi, je rêve ! Dans la voiture, on est tout excité, le panorama est incroyable. Chaque nouvelle ascension nous cache la suite du chemin avant de nous offrir généreusement une vue encore plus belle que la précédente, fou !

Nous arrivons à notre logement insolite pour 4 nuits :

La petite école de Forillon.

Il s’agit d’une ancienne école transformée en auberge.

Le lieu est immense, avec une grande cuisine commune très bien équipée, une salle de jeux, plusieurs salles de bain et des chambres confortables, bref de quoi se sentir très bien !

Nous avons le droit à un accueil très chaleureux de la part de Caroline et Jules tombe carrément amoureux !

Nos amis Québécois nous ont conseillé ce lieu et nous les remercions, car c’est vraiment une expérience à part, de manger dans une cantine pour les petits, de dormir dans des dortoirs, le tout à 2 minutes du Parc National de Forillon avec une vue sur les monts colorés et sur la baie !

On se sent comme chez soi. On a réservé 2 nuits, puis 3 puis 4. C’est aussi ça le voyage au long cours, quand on se sent bien, on reste encore et encore. De plus le parc offre tellement de sentiers avec autant de points de vue à couper le souffle que nous avons prolongé notre séjour sans y réfléchir longtemps.

Nous profitons des derniers rayons de soleil pour aller au Cap Bon Ami (secteur Nord), découvrir les routes et les couleurs chatoyantes du Parc.

C’est un promontoire qui domine la baie, avec vue sur une colonie de cormoran et falaises blanches escarpées. Un escalier de bois mène jusqu’à la crique en contrebas. En remontant, nous sommes tombés nez à nez avec un petit animal paisible, lent et tout mignon : Un porc-épic.

Jules a adoré, surtout que ses petits cris enthousiastes ne l’ont pas fait fuir ! Une fois en voiture, nous avançons doucement dans l’espoir d’apercevoir un autre animal, la nuit tombante étant souvent propice aux apparitions fortuites…Et là encore, coup de bol !!! On a d’abord vu une grosse ombre, une masse noire plutôt informe. Laëti est descendue pour s’approcher et nous les avons vu : Trois élans (ici appelé orignal), deux femelles et un gros mâle. Ils avancent à pas feutrés dans le sous bois, à travers les bouleaux, les feuilles mortes et les brindilles craquantes (nous les faisons craquer mais pas eux !) le tout sans bruit, délicatement et calmement. Des colosses splendides impressionnants, si gracieux, et si difficiles à photographier (ils se fondent parfaitement dans la nature grâce au crépuscule et aux arbres). Une vision magnifique, nos premiers ! J’en ai rêvé cette nuit là.

Samedi matin, nous décidons de faire La grande boucle du Mont Saint Alban qui promet une vue à 360 ° du haut de la tour d’observation.

Le temps estimé est entre 2h30 et 3h30, pour environ huit kilomètres alors on tente avec petit Jules.

On alterne entre marche et portage chacun notre tour. Une montée un peu ardue mais on est largement récompensé en arrivant en haut.

Les Whaous se succèdent pour essayer de traduire nos émotions, notre émerveillement et gratitude !

Cette vue là, on ne pouvait même pas l’imaginer, elle nous laisse sans voix, et voilà les jolis papillons dans le ventre qui réapparaissent ! C’est merveilleux, de la beauté tous azimuts, d’un côté le bleu pénétrant de l’horizon, de l’autre la canopée chamarrée des érables, bouleaux et sapins, puis des falaises rocheuses majestueuses, léchées par les vagues…On ne sait plus trop où donner de la tête tant c’est époustouflant !

Nous profitons de cette vue au maximum avant de continuer cette belle marche. Nous guettons les ours noirs qui vivent en liberté dans le parc, mais avec un petit bout très enthousiaste (sonore) nous avons peu de chance de les croiser. Et c’est surement mieux ainsi.

Ici les hommes et les animaux vivent en harmonie entre terre et mer. La végétation est belle, multicolore, odorante à souhait, bref un petit échantillon d’éden !

Un bel exemple de cohabitation réussie, une belle osmose entre les visiteurs (peu nombreux en cette période, ouf), une jolie ambiance, un art de vivre qui nous plait et nous donne envie de continuer à explorer ce parc très à part.

Dimanche c’est journée pluie, alors comme à notre habitude, nous en profitons pour avancer sur le blog, jouer avec Jules, prendre un bon bain chaud, faire une sieste et plein de câlins, cuisiner de bons plats, regarder des dessins animés et faire un Skype avec mamie ! Un Dimanche en famille, proche de nos dimanches cocooning pluvieux que nous avions en France.

Lundi, nous décidons de prendre la route pour aller rendre visite au mythique Rocher de Percé. Une heure plus tard nous voilà en face de ce gros bonhomme qui en impose !

Nous immortalisons cette belle pierre au cours d’une petite promenade aux relents de bord de mer, avec embruns, vent et goémon.

Ici, on sent que la saisons est terminée car tout est fermé et les petits villages ont des airs de villes désertes, presque fantômes…

Sur le retour, nous passons acheter un nouveau sac à dos pour notre tour du monde. Nous voulons un sac plus grand pour avoir la place de mettre les courses et éviter de se rajouter des petits sacs pour les courses (on vous parlera de ça dans un article dédié à nos sacs à dos 🙂

Après une pause repas à La Petite école nous partons faire la randonnée du Bout du Monde.

Une marche facile qui longe l’océan tourmenté et le ciel ombragé.

Les couleurs sont toujours là et les paysages sauvages et bruts aussi.

On adore ! Même si le froid nous mordille les joues.

Du haut de la montagne on voit au loin des baleines, bondir hors de l’eau avant de retomber créant une gerbe reconnaissable : Des baleines à bosses ! On les aperçoit et cela nous suffit. C’est beau de les savoir si libres et tranquilles. Comme tous les animaux que nous avons croisé jusqu’à présent. C’est un aspect que nous aimons particulièrement dans ce périple au Québec (nous avons pris soin d’éviter les fermes, les zoos et les aquariums). La « traque » a d’ailleurs une autre saveur, la quête, l’espoir et la palme absolue avec la rencontre.

Le soleil se couche doucement et je décide de passer à nouveau par la route où nous avons vu nos premiers orignaux. Un choix récompensé par la plus belle rencontre avec ces cervidés depuis notre arrivée : Un « bon gros bock » comme ils disent ici. Un énorme mâle, d’environ 600 kilos, avec ses bois gigantesques. Il est resté là, devant nous pâturant dans une clairière, après s’être fait éconduire par une femelle. Tant pis pour lui, tant mieux pour  » nouzaut’ là » ! Un attroupement de locaux s’est rapidement formé devant cette exhibition de puissance musquée. Ils nous ont affirmé que c’était rare d’en voir un aussi gros, aussi beau, aussi près, aussi longtemps…CHANCEUX qu’on vous dit !

La seule déception, c’est de ne pas avoir de matériel photo exploitable, il faisait trop sombre pour nos objectifs, mais le spectacle est gravé à tout jamais dans nos mémoires.

Mardi, nous décidons de ne pas partir tout de suite et d’aller voir les derniers endroits du Parc que nous ne connaissons pas encore. Dont une sympathique balade au sentier de la Chute, un chemin que l’on arpente à travers la forêt et qui débouche sur une cascade de 17 mètres de haut. Jolie.

On traîne un peu la patte pour le départ. C’est ça quand on a un gros gros coup de coeur.

Jules dit au revoir à son amoureuse de la Petite école. Merci encore Caroline.

Signe ou hasard du calendrier météo, nous prenons la route du retour sous le brouillard et la grisaille. Malgré le sale temps, les forêts continuent d’illuminer nos regards et réchauffer nos coeurs.

Ce petit bout du monde me manque déjà (Laëti), mais je suis tellement reconnaissant d’être passée par là, d’avoir connue et ressenti l’harmonie terre et mer, hommes et animaux. On se sent encore une fois très chanceux et ça nous rappelle à quel point le voyage et la nature nous transforment, nous aident à grandir, à retourner à l’essentiel.

En route pour le chemin du retour, Parc National de la Gaspésie, Parc du Bic et ensuite Québec et Montréal.

 

Les premières de Jules :

  • Première tour d’observation
  • Première randonnée de 4 heures avec papa et maman
  • Premier orignal
  • Premier porc-épic

 

Côté budget : 

  • Hébergement : 75 $ CA la nuit avec taxes x 4 nuits : 300 $ CA
  • Nourriture : 50 $ CA
  • Essence :  77  $ CA
  • Parc : Gratuit grâce aux 150 ans !

Ici le budget a été largement respecté et très souvent en dessous.

Nos Coups de Coeur : 

  • Le Parc Forillon tout entier !
  • La vue du Mont Saint Alban

Nos adresses et infos : 

LeMondeselonJules

Tour du Monde en famille avec notre fils Jules de 20 mois. Un voyage pour s'émerveiller et grandir ensemble autour du monde.

2 pensées sur “Gaspésie, l’inoubliable Parc National de Forillon

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